Philologue germaniste de formation et agrégée de l’enseignement secondaire supérieur, Véronique Alexis a consacré plus de vingt-six ans à l’enseignement des langues (néerlandais et anglais) dans tous les réseaux et niveaux de l’enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles. Cette diversité de contextes l’a naturellement conduite vers l’accompagnement pédagogique, un domaine dans lequel elle a exercé durant trois ans et demi comme CSA aux pratiques pédagogiques en langues modernes au SeGEC (Secrétariat Général de l’Enseignement Catholique). Elle est aujourd’hui maitre-assistante en néerlandais-anglais et en didactique des langues dans la Section 3, Langues germaniques à l’Hénallux. Comme beaucoup d’enseignants, elle continue à apprendre chaque jour et à adopter une attitude réflexive sur sa pratique.
Un engagement européen : le CELV
Depuis décembre 2025, Véronique Alexis occupe un rôle stratégique au Centre Européen pour les Langues Vivantes (CELV), institution du Conseil de l’Europe basée à Graz (Autriche) et dédiée à encourager l’excellence et l’innovation dans l’enseignement des langues et à soutenir ses États Membres dans la mise en œuvre de politiques éducatives linguistiques efficaces.
Elle y agit comme autorité de nomination nationale et coordinatrice locale, en collaboration avec Michèle Mombeek, représentante de l’enseignement supérieur au Ministère. Elles succèdent toutes deux à Karine Dekeukelaere, cheville ouvrière dans la reconnaissance de la Belgique comme État membre. En effet, la Belgique a rejoint le CELV en 2021 permettant ainsi l’organisation d’ateliers donnés par des experts européens de renom, de mises en projet et d’une réel réseautage européen. Véronique devient ainsi un relais essentiel entre les experts internationaux et les acteurs de l’enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles.
Son prochain objectif est l’organisation d’un atelier consacré à la langue de scolarisation, destiné aux formateurs d’enseignants, inspecteurs, conseillers pédagogiques et enseignants. Celui-ci pourrait se tenir potentiellement à l’Hénallux !
À travers son expertise, son enthousiasme et sa capacité à tisser des liens entre les pratiques locales et les dynamiques européennes, Véronique incarne un véritable moteur d’innovation pédagogique en langues modernes. Son implication (bénévole, c’est bien utile de le préciser) au CELV ouvre de nouvelles opportunités de réseautage et contribue à inscrire l’enseignement des langues de la Fédération Wallonie-Bruxelles dans une perspective européenne et collaborative.
Une pédagogie ancrée dans la réalité et porteuse de sens
Dans le cadre de son cours de culture en troisième année de bachelier, elle a récemment piloté un projet immersif : l’accompagnement d’une classe de rhétoriciens lors d’une visite guidée en néerlandais à Bruges. Nos étudiants deviennent des guides néerlandophones qui s’adressent à un public francophone et appliquent la transposition didactique pour faire en sorte que leur message soit compréhensible. Il s’agit d’une mise en pratique concrète soutenue par des subsides de la Taalunie. L’évaluation de nos étudiants se fait donc avec les enseignants du secondaire. Ce projet est une illustration parfaite de la vision pédagogique de Véronique Alexis : des apprentissages ancrés dans le réel qui nourrissent déjà une expérience professionnelle.
On n’a jamais fini d’apprendre
Véronique sourit : « Je dois aussi préciser que je suis en reprise d’études !»
Une vie bien remplie mérite une cerise sur le gâteau : comme elle est agrégée à la base, dans le cadre des nouvelles réformes, elle suit actuellement le Master de spécialisation en formation d’enseignants (MSFE), désormais requis pour enseigner en section pédagogique. Après avoir validé sept unités d’enseignement, il lui reste trois UE et un mémoire à compléter.
On peut donc dire que Véronique est perpétuellement à 100% dans ses missions professionnelles : enseigner, apprendre, étudier, coordonner, représenter et réseauter.
Elle fait des langues un outil d’émancipation, de rencontre et d’ouverture. Son parcours exemplaire montre combien l’enseignement peut être un moteur d’innovation… et combien les langues vivantes portent bien leur nom.
Anne-Sophie Vandevoorde