Infirmière pédiatrique de formation et cheffe adjointe en néonatalogie, Stéphanie Godfrin partage avec passion son parcours, l'évolution des soins aux nouveau-nés et l'importance du travail d'équipe. Un témoignage inspirant placé sous le signe de sa devise : « Seul, on va plus vite. Ensemble, on va plus loin. »

Pourquoi avoir choisi de devenir infirmière ?

Pendant mon parcours scolaire, j'appréciais les maths et les sciences. Je n'avais pas d'idée précise sur ce que je voulais faire plus tard (médecin légiste, urgentiste, instit maternelle, ...) et mes tests d'orientation du PMS me dirigeaient vers l'armée, l'enseignement ou la médecine.

Suite à un stage « social » en rhéto en maison de repos, je me suis rendu compte que prendre soin me plaisait. Être auprès du patient, l'accompagner... À cela s'ajoute peut-être une transmission du gène du « prendre soin » par ma maman infirmière en dialyse.

Par la suite, j'ai fait mes 3 ans d'études d'infirmière et une 4e année de spécialisation en pédiatrie car j'ai toujours apprécié le contact avec les enfants (babysitting, dirigeante au patro).

Mon parcours professionnel ?

J'ai commencé le 16 août 2004 au sein de la clinique de Sainte-Elisabeth dans le service de néonatalogie. Ce n'était pas mon service de prédilection, la pédiatrie me tentait davantage, mais cela me permettait de travailler et d'avoir un pied dans l'institution. Au fil du temps, la « néonat » est devenue une évidence et j'y suis restée.

En 2018, la direction infirmière m'a proposé un challenge : devenir cheffe adjointe pour faire le lien avec la hiérarchie, gérer le quotidien du service en l'absence de ma cheffe. J'ai accepté. Il était important pour moi de prendre le train en marche, d'être actrice du changement et d'être le relais de mon équipe.

Aujourd'hui, je suis toujours la cheffe adjointe de la néonat. Au vu des tâches qui me sont demandées, de la responsabilité croissante et du besoin de reconnaissance, j'ai le souhait de devenir cheffe. Pour appuyer cette demande, je commence l'école des cadres en septembre.

L'évolution des soins en néonatologie ?

En plus de 20 ans, j'ai pu être témoin de diverses évolutions.

Tout d'abord, nous avons été sensibilisées/formées aux soins de développement. Le bébé, du prématuré au bébé né à terme, a non seulement besoin d'être sous surveillance monitorée, d'avoir des apports alimentaires adaptés, une température stable, mais aussi besoin que l'on sécurise son environnement et que l'on observe son comportement pour s'adapter à lui.

Nous limitons la lumière directe et le bruit. Nous prêtons attention à l'installation du bébé et à la gestion de la douleur.

Ensuite, pour répondre encore mieux aux besoins des bébés, la place des parents a changé. De « visiteur »/observateur, il est passé à acteur/partenaire. C'est pour favoriser leur présence que nous avons instauré 4 chambres kangourou dès fin 2017 au sein de la néonatalogie. En fonction de l'état de santé du bébé et de la maman, nous pouvons dès la naissance les accueillir ensemble en chambre pour une zéro séparation. Le coparent est également invité à rester auprès d'eux.

Enfin, des progrès importants ont été réalisés au niveau de l'allaitement maternel tant au niveau de l'éducation, de la prévention, de l'accompagnement et du suivi. Nous avons obtenu le label IHAB : Initiative Hôpital Ami des Bébés en 2022. Nous avons repassé l'audit en mai 2026 afin de renouveler ce label.

Nous sommes en recherche d'évolution continue pour apporter des soins de qualité et de sécurité à nos petits patients et à leur famille.

L'accréditation du Canada fait partie des démarches qui permettent de mettre un cadre, d'évaluer nos pratiques et de progresser.

Nous avons entendu parler de « Câlineuses de bébé », pouvez-vous nous en dire plus ?

Les câlineuses de bébé sont des bénévoles formées par l'ASBL qui viennent au sein du service pour offrir une pause tendresse au bébé. Cela apporte aux parents une bouffée d'oxygène, un temps pour eux, que ce soit pour faire une démarche administrative, une course, aller chercher l'aîné à l'école, recharger leurs batteries tout en sachant que leur bébé sera accompagné s'il en a besoin ou s'il pleure.

Nous avons fait appel à elles car nous avions le souhait d'avoir des bénévoles présentes pour les bébés afin d'améliorer leur qualité de vie et de limiter les risques liés aux manques affectifs dus, entre autres, à l'absence temporaire des parents ou à une situation de séjour provisoire en attente de placement du bébé.

Il est clair que prendre un bébé dans les bras, le rassurer, apaiser ses pleurs fait partie de nos soins. Mais à certains moments, quand l'activité est intense, nous sommes parfois amenées à laisser pleurer un bébé pour s'occuper d'un autre dont les soins sont prioritaires et urgents. Donc, quand elles sont présentes, nous sommes apaisées de savoir le petit rassuré et câliné.

Le câlin est apaisant/relaxant car il réduit la peur, le stress, la douleur et les pleurs. Il va aussi permettre au bébé de se sentir en sécurité et de créer du lien avec son entourage. Et enfin, le câlin joue un rôle favorable sur l'immunité du patient.

Mon message aux jeunes infirmièr.e.s ?

Notre profession n'est pas facile tant au niveau de l'équilibre vie professionnelle/vie privée, des horaires, des responsabilités, des prises en charge parfois complexes, de la charge émotionnelle, ...

Il est important de donner du SENS à nos actions et de pouvoir s'adapter aux changements pour des soins de qualité en toute sécurité.

Faire partie d'une équipe soudée, soutenante, positive permet d'aller plus loin. Car comme dit le dicton : « Seul, on va plus vite. Ensemble, on va plus loin ».