Lorsque j’ai pris contact avec Jean-Christophe pour réaliser son portrait, j’ai constaté que ce n’était pas vraiment simple de fixer un rendez-vous avec lui rapidement. J’ai vite compris pourquoi.

Au début était un infirmier SIAMU qui a exercé avec passion. Mais ce début, déjà, se voulait plein de curiosité : des soins intensifs de Mont-Godinne, Jean-Christophe est parti travailler en Suisse, pour en apprendre plus sur les pratiques professionnelles de ce pays.

L’histoire aurait pu être banale : les enfants arrivent, il faut lever le pied pour l’équilibre familial, et entrer dans l’enseignement est une voie qui convient. Mais au moment du passage à l’enseignement apparaît une nouvelle discipline qui chamboule tout, à nouveau : la simulation.

C’est une révélation que de pouvoir simuler des cas concrets sur des mannequins, d’agir sur eux, et d’en faire le débriefing ! Cela permet une nouvelle ouverture de l’esprit, qui va se construire au niveau de l’expérience, et qui va mettre en avant des compétences. 

Jean-Christophe fait tout à l’envers, il passe le CAPAES, puis fait un Master. Son mémoire sur la simulation attire l’attention au niveau international, on lui propose un Doctorat, ce qu’il fait. Le tout en travaillant à temps plein au Département paramédical Sainte-Elisabeth. Niveau lever de pied, c’est discutable, mais c’est trop passionnant !  

En 2020, l’INACSL (International Nursing Association for Clinical and Simulation in Learning) lui attribue le prix du meilleur chercheur en simulation. En 2022, il reçoit aussi le prix du meilleur article sur un sujet concernant la réalité virtuelle.

Le Centre de simulation du Département paramédical a été l’un des premiers centres en Belgique, ce qui fait que nous sommes réellement en avance sur notre temps au niveau de la Recherche en simulation et de ses effets didactiques. Qu’on se le dise !

Assez rapidement, Jean-Christophe deviendra un pilier de la Recherche du Domaine paramédical. Il cherche (et trouve !) des financements. Il utilise son réseau tentaculaire pour trouver les bonnes personnes. La transmission et la mise à disposition des outils de recherche appliquée sont pour lui indispensables. Chaque projet de recherche enrichit la société qui peut utiliser ce qui a été développé pour améliorer la formation des soignants et l’accompagnement des patients.

Voici quelques projets qu’il coordonne en ce moment (mais il n’y avait, vous l’aurez compris, pas assez de temps pour les aborder tous) :

  • Spiritual care (l’attention spirituelle dans les soins aux patients), mené par Cécile Vandermeulen.
  • Softmed : une plateforme de réalité virtuelle en simulation (vise à la possibilité de programmer facilement des cas cliniques en réalité virtuelle) que les étudiants infirmiers pourraient utiliser en mode « multijoueurs », à savoir étudier des cas en collaboration avec des étudiants d’autres écoles et des étudiants en médecine. 
  • La gestion du management infirmier (un projet avec l’ICHEC) pour trouver des alternatives durables pour apaiser les tensions qui surviennent actuellement, dues en partie au manque de personnel etc.  

Jean-Christophe croit en la force de la pédagogie interactive pour faire évoluer le monde des soignants. C’est un véritable moteur dans l’impact positif de la recherche appliquée.

Anne-Sophie Vandevoorde