JOURS DE VIRUS : Samuel Fleury, ancien étudiant, continue à travailler pour des personnes en détresse.


Samuel Fleury, ancien étudiant Assistant social de l’Hénallux à Arlon, continue à travailler pour des personnes en détresse.


Je m’appelle Samuel, je suis assistant social. J’ai la chance de faire partie du personnel de deux structures d’accueil pour hommes majeurs de la province du Luxembourg.
Nos hébergés sont des personnes confrontées à diverses problématiques : problèmes psychologiques, psychiatriques, dépendance à la drogue, dépendance à l’alcool… Mais surtout à la solitude et la marginalité. Le climat actuel ne fait qu’accroitre l’isolement d’un public précarisé qui, en temps normal, passe souvent inaperçu au regard du public.
En cette période de crise Covid-19, mes directions ont pris diverses mesures afin d’assurer le confinement de ces personnes en grande détresse, leur protection et la protection du personnel. C’est pourquoi les services extérieurs assurent une permanence par téléphone, mails, en télétravail. Au sein des établissements d’accueil, des permanences sociales sont assurées en équipes réduites de deux personnes.
Bien que les démarches administratives non-urgentes soient plus « passives » (mais néanmoins très importantes) en raison de l’état de crise actuel, notre présence est indispensable pour assurer le suivi psycho-social et les besoins essentiels (nourriture, repas, produits de base, cohésion du groupe de résidents, …).
J’ai eu l’occasion de poster sur les réseaux sociaux une demande pour divers produits : masques, gants, gel nettoyant/désinfectant… Je tiens à remercier chaleureusement les personnes qui ont répondu à cette demande.
Je suis touché que des personnes nous aident et soient solidaires. Je pense qu’aider, de manière générale c’est penser en « nous » plutôt que en « je » en facilitant l’accès aux magasins d’alimentation et aux produits de première nécessité. Le confinement ayant déclenché des scènes de paniques et vidé une partie des rayons, nous avons éprouvé des difficultés pour obtenir des produits de première nécessité afin d’assurer une hygiène optimale au sein de nos locaux. Le personnel, comme les résidents, sont pénalisés par certaines attitudes. Quand nous devons faire plusieurs magasins pour trouver des produits comme du papier W.C. par exemple, nous sommes potentiellement en contact avec des personnes malades ou porteuses.
Le risque d’être contaminé et de contaminer notre entourage professionnel et privé est plus grand encore.
Personnellement et professionnellement, je pense qu’aider c’est avant tout le respect les règles de sécurité, d’hygiène et le confinement. C’est se protéger et prendre soin de soi et des autres. Penser collectif et solidarité, c’est éviter les risques.

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